Atelier d'écriture

UNE DESCRIPTION, LES PIGEONS DE SAINT MARC

 La photo a été prise devant l'entrée principale de la cette célèbre cathédrale de la place Saint Marc. 

Au premier plan, une femme pose, entourée de pigeons. Elle est très élégante avec sa robe, son chapeau et ses gants. Sa posture lui donne fière allure. 

Au deuxième plan, on aperçoit un groupe d'hommes sortant de la cathédrale. Ils sont vêtus de costumes trois-pièces de couleurs sombres. Ils portent des panamas et des chapeaux melon. Eux aussi sont très élégants. Ils baissent la tête en raison de la forte lumière qui éclaire la scène. Ils ne semblent pas communiquer entre eux, ni remarquer la dame au milieu des pigeons. 

Enfin, l'entrée principale de la cathédrale se détache derrière eux et révèle la fresque de son tympan, entouré de fines colonnes et de bas-reliefs. La porte principale est grande ouverte, mais on ne peut distinguer ce qu'il se passe à l'intérieur.

Ophélie Nyadanu (Terminale) 

ECRIT D’INVENTION, LA FEMME AUX PIGEONS 

 

C'était l'Italie, c'était l'automne, l'humidité de Venise et son eau salée. Une odeur saumâtre envahissait la ville et ses passants, tandis que le froid tout en enivrant son âme, à elle, laissait le soleil illuminer son corps. 

Un énième dimanche, une autre messe, et pourtant, tout était différent. La basilique Saint-Marc, pour se souvenir de lui, car lui qui rêvait de Venise, en avait été privé par la mort brusque, tragique, mais inévitable, qui nous frappera tous un jour. 

Ce jour-là elle y était allée, dans l'espoir de le retrouver, lui, et de se retrouver elle-même. «Comme vous avez part aux souffrances, de même aussi vous avez part à la consolation » disait le prêtre, et ces mots s'attachèrent à elles, comme un remède à tous ses maux. 

Un nouveau départ. Ce qu'elle avait souhaité.

Tout comme il l'aurait sûrement voulu pour, elle, sa bien-aimée. 

Il lui avait fallu tant de temps pour faire son deuil. Tant de larmes, tant de remords. Il était tout ce qu'elle avait et elle l'avait perdu, au moment de son dernier souffle. 

A la sortie de la messe, alors que le cœur serré, elle s’était accrochée à la poignée de l'église, subitement, brillèrent dans ses yeux encore incrédules, ce qu'elle entrevoyait sans encore en prendre réellement conscience : une possible victoire, une éventuelle guérison, un espoir retrouvé. Peut-être qu'il était temps, peut-être que c'était le moment.  Elle s'arrêta un instant, pour repartir aussitôt dans un élan qu'elle ne contrôlait plus. Comme si chaque partie d'elle-même ne lui appartenait plus. Elle était en marche.

Soudainement, un vol de pigeons se posa à ses pieds. Des oiseaux qu'elle ne put s’empêcher de vouloir approcher, toucher, sur cette place. 

L’un d’eux se posa sur sa main. Sa main tremblante.

Il la regarda un instant. Elle le regarda en retour. 

Elle comprit.

C'était lui. 

Une étincelle surgit du choc de leur regard. 

Une bouffée d'air se fit ressentir dans sa poitrine. 

Comme si elle avait vécu en apnée depuis trop longtemps. 

Elle murmura « Je t'aime ».

L'oiseau s’envola. 

Il était temps. 

Ewelina Spiewak (Terminale)