Atelier d'écriture

UNE DESCRIPTION, SUR LE PORT A PATRAS 

Au premier  plan, des hommes avec chapeaux et habits occidentaux convergent vers les bords du quai, on remarque aussi un chien, seul être à regarder l'objectif. 

Au deuxième plan, on peut voir une foule animée en mouvement sur le quai. 

En arrière plan, une série de bâtiments se détache, avec une architecture typique des villes portuaires méditerranéennes : des galeries en arches au rez-de-chaussée, des façades de deux à trois étages avec des balcons.

La photo se compose de tons assez clairs, en effet la luminosité du moment est conservée, elle permet de mettre en valeur les personnages en costumes noirs et l'espace tout autour. 

On observe que le regard des hommes du premier plan est orienté vers le point extérieur à la photo, en bordure du quai, tandis que la foule derrière eux, s’anime en tous sens.

Antoine Saunier (Première)

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ECRIT D’INVENTION, SUR LES QUAIS DE PATRAS

Le parfum de cette place est vraiment particulier... Cette odeur humaine, mêlée à celle des étals de poissons et de fruits, l'air marin, par une chaleur étouffante, sans oublier le brouhaha continu provoqué par les pas de toutes ces personnes ainsi que les cris des marchands en train d'agiter leurs poissons, comme un prêtre avec sa Bible, toujours accompagnés de ces chats qui miaulent à toute heure ne trouvant rien de mieux que de rôder autour du poissonnier en espérant la charité de celui-ci, toutes ces informations que je reçois me font perdre mes repères. Le mouvement perpétuel de cette foule d'hommes chapeautés, avançant d'un pas décidé, n'arrange pas les choses. Ce n'est pas parce que je suis le plus petit de l'esplanade qu'on doit m'ignorer de cette façon ! C'est inacceptable de la part d'êtres qui se disent « civilisés » ! Me couper la route si brusquement, c'est comme si j'étais invisible... On sait pourtant tous que sans leur « meilleur ami », ils seraient bien perdus... Ah la la ! Pauvres humains, si égocentriques qu'ils ne prêtent même pas attention à leur environnement. En tant que chien, j'ai tout de même des droits : une simple considération ne serait pas de trop, une petite collation de la part de ces trois énergumènes non plus. Si seulement ils pouvaient se comporter avec nous comme avec leurs chats, ces bêtes qui se prennent pour des califes et restent assises (couchées à se pavaner) sur le lit toute la journée alors qu’on nous en interdit purement et simplement l’accès. Quelle injustice pour nous autres, pauvres chiens !

Enfin ! Les douze coups de cloche sonnent, je devrais rentrer au bercail, mon maître revient dans dix minutes. Je ne dois pas manquer son arrivée !!! Hmmm... Est-ce bien l'odeur du boucher ? Il me donne toujours un petit nonosse... Et puis je peux bien faire un petit détour, « maître » peut attendre, ce n’est pas tous les jours que le boucher vient sur la place. Et mince ! Rex est déjà posté devant l’étal du boucher. Le scélérat !!!! Quelqu'un a dû le prévenir... Si seulement j'avais autant de contacts que lui, je pourrais former un véritable réseau d'espionnage ! En plus il a un « caractère de chien » et ne se laisse jamais contredire (si vous aviez vu sa tête quand je lui ai exposé  mes revendications pour l'égalité chat-chien), et le pire c'est qu'il est prétentieux et qu'il se vante sans cesse du fait que son maître le laisse sortir au moins trois fois par jour... Personnellement, je suis bien aise de mes sorties en solitaire, elles me permettent de vaquer à mes pensées et d'élaborer tranquillement les théories que mes confrères du quartier apprécient tant. Mais ne vous méprenez pas, je ne tiens pas au rôle de chef dans mon quartier, c'est un titre pour les simples d'esprits, surtout pour quelqu'un qui apprécie autant que moi la liberté absolue. Idée, d'ailleurs, que je qualifierais, pour ma part, de  fondamentale dans une vie de chien. Mon principe est simple, que fait un chien, d'après vous toute la sainte journée ?  Eh bien, il dort, il mange, il se promène....

Et pourtant de cette routine, qui pourrait nuire à l’équilibre mental  de n’importe quel individu, les chiens, eux, tirent matière à réflexion  en toute occasion et leur questionnement constant leur permet d'échapper à la monotonie. Pour exemple, hier je m’endormis sous un arbre et tout à coup, je fus frappé d'un éclair de génie et commençai à élaborer ma théorie sur la création des chiens (sans ce stupide Chien-Dieu, traitez-moi d'hérétique mais je ne crois point en un dieu qui nous laisserait nous faire dominer par une autre espèce !).  Cependant, malgré toutes ces questions philosophiques que l'on se pose en tant que chien (et que, croyez-moi, le chat ne se pose pas), il ne viendrait même pas à l'idée de l'homme que nous puissions être doués de réflexion... Mais que vois-je ? Un humain me témoignerait enfin un brin d'attention ? Il porte un appareil bien étrange...Tiens, et si je prenais la pose ? Mon instinct m'ordonne de ne plus bouger et de fixer cet étrange appareil.

Gabriel Naghmouchi (Seconde)